Éditorial: La pauvreté n’est pas une malédiction
Non, un tremblement de terre qui vient ajouter de la misère à la misère, de la désolation à la désolation, n'est pas une malédiction.(Danièle Fonck )
Car, si personne ne peut prédire où et quand les plaques tectoniques s'entrechoquent,déchaînant les éléments de la nature, l'histoire de la pauvreté, sur la planète Terre, et donc aussi en Haïti, est, elle, parfaitement retraçable.
Voilà qu'une île jadis si riche que les conquérants européens s'y bousculaient, jadis siorgueilleuse qu'elle fut la première à abolirl'esclavage, jadis si promise à un futur radieux est passée, au fil du temps, de la splendeur la plus convoitée à la misère la plus noire.
Les colonisateurs y sont pour beaucoup,espagnols, français, américains, eux qui, comme partout ailleurs, ont transvasé toutes les richesses du Nouveau Monde d'antan vers leurs métropoles. Les différents régimes, sanguinaires et corrompus pour la plupart d'entre eux, ont fait le reste à l'intérieur du pays.Résultat, plus de 80% des Haïtiens vivaient,à la veille du tremblement de terre, sous le seuil de pauvreté, et plus de la moitié de lapopulation dans le dénuement le plus absolu.
Voilà ce que rappelle brutalement et sans fard à la mémoire du monde le séisme qui est venu frapper Port-au-Prince et les autres villes d'Haïti le 12 janvier dernier, faisant éclater au grand jour, par écrans de télévision interposés, l'ampleur du scandale.
D'autant plus macabres et honteux sont,aux yeux de ce même monde, les tiraillements entre puissances pour conquérir, comme s'il s'agissait d'un pays à se partager, le leadership de l'aide internationale.
Indignes, les simagrées d'un président français faisant la moue quand les autorités américaines ayant pris le contrôle de l'aide refusent à un avion transportant un hôpital de se poser sur l'aéroport endommagé de Port-au-Prince. Indigne, cette prise de pouvoir de la part des États-Unis, qui, comme si l'île leur appartenait, se voient en maître d'œuvre privilégié de lasolidarité. Indigne, l'invisibilité de l'Europe,qui, ayant désormais, avec la présidenceespagnole, la Commission et le présidentpermanent du Conseil Van Rompuy, trop de têtes pour parler d'une seule voix, a mis plus d'une semaine avant de trouver une position communautaire.
Haïti a, aujourd'hui, besoin de tout! À commencer par l'eau, la nourriture, les médicaments. Haïti a besoin de l'aide du monde entier. C'est donc à la gouvernance mondiale que sont les Nations unies, et non à quelques pays jouant des coudes pour être au premier rang, de coordonner planétairement et sur place lesoutien urgent aux sinistrés dans un premier temps, la nécessaire reconstruction ensuite.
Face à l'indicible détresse des Haïtiens, seule une entente mondiale, sans arrière-pensée aucune, saura être efficace. Une entente urgente, si le monde ne veut pas avoir sur la conscience la première grande hécatombe du troisième millénaire.
![]() |
- Quand le commerce mondial tue
- «Avatar» en deux dimensions
- Aux actes, citoyens
- La nouvelle donne
- «Le meilleur des mondes»





del.icio.us
Digg

Postez votre commentaire