La KBL est à vendre
Le bancassureur belge KBC met en vente KBL European Private Bankers pour près de 2 milliards d'euros. La banque, basée au Luxembourg, emploie 1.050 personnes au Grand-Duché. / Fabrice Barbian
KBC a eu recours à trois reprises à l'aide des pouvoirs publics entre octobre 2008 et mai 2009 pour un montant de 7 milliards d'euros afin de faire face à la crise financière. La Commission européenne lui a donc réclamé des restructurations compensatoires, comme pour toutes les banques européennes qui ont bénéficié de telles aides.
Afin de rembourser également au plus vite l'argent public (avant 2013, annonce la banque), KBC a décidé un plan de restructuration accepté par la Commission le 18 novembre, dans lequel elle annonce se séparer de la banque Cetea, de l'assureur Fidea en Belgique mais également de KBL European Private Bankers installé à Luxembourg.
Luxembourg est la plateforme d'un réseau puisque nous sommes présents dans neuf pays européens via différentes marques locales, souligne Étienne Verwilghen, président du comité de direction de KBL. Nous avons deux métiers, une activité dans le private banking et une seconde dans les fonds d'investissements. Nous gérons actuellement 45 milliards d'euros d'actifs de clients.
Autre chiffre: ces cinq dernières années, la KBL a généré annuellement 175 millions d'euros de bénéficie net.
Si aucun calendrier n'a été déterminé ou imposé par la Commission, la vente pourrait intervenir dans les six mois pour un montant estimé par KBC entre 1,5 et 2 milliards d'euros.
Acheteurs potentiels
Et cela intéresse du monde, à en croire Étienne Verwilghen qui confie enchaîner les déjeuner d'affaires avec d'éventuels acquéreurs. Des noms? Motus et bouche cousue, bien évidemment. Mais le futur partenaire ne sera pas obligatoirement un grand groupe bancaire. Nous avons identifié quatre types d'investisseurs potentiels: une grande banque, un établissement spécialisé dans le private banking, un assureur ou bien encore un consortium d'investisseurs parmi lesquels, peut-être, KBC pour une période transitoire, précise le président pour qui cette vente est une opportunité, un nouveau départ.
À propos de départs, Étienne Verwilghen se veut rassurant sur le volet social. Nous cherchons un partenaire fiable et nous sommes rentables. Donc, a priori, il n'y a pas d'inquiétude à avoir, précise le responsable.
Cela dit, KBL, qui revendique une taille humaine, emploie 2.600 personnes dont 1.050 au Luxembourg. Une présence forte, qui s'explique par le fait qu'au Grand-Duché sont regroupées différentes activités: contrôles, informatique, crédit…
Le Luxembourg n'est donc pas à l'abri d'une éventuelle réduction d'effectif. Cela dépendra notamment du métier de l'acheteur.
Quant à KBC, la priorité est de renforcer ses positions en bancassurance en Belgique et sur cinq différents marchés d'Europe de l'Est (République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne et Bulgarie) auprès d'une clientèle de particuliers et de PME. Au total, KBC entend se séparer de 39 milliards d'euros d'actifs pondérés par le risque d'ici 2013, soit 25% des actifs du Groupe.
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