«Décourager la spéculation»
La chancelière allemande était au Luxembourg le 9 mars, pour parler de relations bilatérales, un peu, et d'Europe, beaucoup.
Olivier Tasch
«Des relations excellentes, cordiales, amicales...» Une fois les formules de politesse de rigueur évacuées, le sujet qui brûlait toutes les lèvres a été mis sur la table: la possible création d'un FME, Fonds monétaire européen, sorte de FMI version UE aux contours encore bien vagues mais qui a la faveur des deux politiciens.
Les discussions bilatérales évoquées par Jean-Claude Juncker – le transport transfrontalier avec l'amélioration-renforcement de la ligne ferroviaire entre Luxembourg, Trèves et Coblence et la participation financière luxembourgeoise aux projets d'éoliennes en mer du Nord – en sont presque devenus anecdotiques.
Car les deux responsables ont fort à faire avec la crise de la dette grecque, qui laisse finalement entrevoir «l'établissement d'une politique économique cohérente», selon Merkel. Lorsqu'on a «une monnaie commune, il y a de bonnes raisons de vouloir prendre des précautions». Une politique économique qui s'articule d'abord autour de règles strictes visant à «décourager la spéculation des marchés financiers».
Vient ensuite la création du Fonds monétaire européen. Lequel ne doit pourtant pas être vu à court terme, simple instrument de sauvetage de la Grèce, mais plutôt comme une garantie de ne pas voir se reproduire l'actuel mauvais scénario hellénique dans d'autre pays de l'UE.
La chancelière estime d'ailleurs qu'avec l'hypothétique création d'un FME le sacro-saint pacte de stabilité ne doit pas être affaibli.
Elle aimerait au passage que la création d'un tel fonds soit accompagnée par un «renforcement des sanctions» à l'encontre des pays qui ne restent pas dans les clous du pacte. Sanctions que certains imaginent déjà, telle la suspension des subventions ou du droit de vote dans les instances européennes.
«Situations Ultimes»
Car le FME ne doit pas donner le sentiment à certains qu'il peuvent relâcher leurs efforts au niveau budgétaire, dit en substance la chancelière. Ce serait ainsi un instrument de dernier recours, pour les «situations ultimes».
La création d'un FME ne risque pas d'être pour tout de suite, puisque, selon Merkel, il impliquerait la modification du traité vieux de trois mois...
Toujours dans l'espoir de décourager la spéculation financière, la chancelière allemande estime qu'il faut une régulation «rapide» des credit default swaps (CDS),dérivés sur événement de crédit, en français dans le texte.
Ces derniers font office d'assurance permettant aux détenteurs de dettes de se protéger contre les risques de non-remboursement. CDS qui font l'objet d'un marché, spéculatif à souhait…
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