Le premier pas, le premier bal
Ils sont beaux, ils sont jeunes. Font un pas dans la vie mondaine. Posent le pied sur la piste. Assidus, ils préparent leur premier bal.(Michel Petit)
Vendredi, en toute fin d'après-midi. Fini le lycée, vive le week-end. Et vive la classe, de Mireille Roulling.
Tout autre chose. Pas de banc, juste un pupitre d'où officie Mireille Roulling. Elle mène la danse. En musique. En douceur? En grâce plutôt, mâtinée de rigueur.
Arrive la première élève,Sophie, 17 ans. Jolie blonde, corps de danseuse, de danseuse de salon. Midinette?Sophie sait pourquoi elle est là: le premier bal. Et un premier bal, ça s'apprend, sur le bout des ongles, le bout des talons. Talons aiguilles. Et robe longue, obligatoire et désirée. Désirable.
Pour sa robe longue, Sophie ne sera pas prise de court. Elle a fait son lèche-vitrine, a marqué le pas dans une boutique. Pour son premier bal, elle a choisi le bleu. Bal des bleus.
Comme tant, elle sera la plus belle du grand bal. Reste à allier le geste, l'apprendre, des pieds et des jambes. Des bras, du corps. Bras-le-corps: c'est sur cette note qu'elle peaufine la préparation chez Mireille, qui, à Luxembourg, a pignon sur rue là où officiait naguère Annette Kohner.
Dès les premiers arpèges,Mireille a insufflé la passion du pas. En tout cas, Sophie n'abandonnera pas la leçon au lendemain du bal. Non, je continuerai les cours. J'aime ça. Au pas, pas de deux, pas de trois. Pour maîtriser une danse plutôt que toutes les autres, la valse, à trois temps, «qui s'offre encore le temps de s'offrir des détours du côté de l'amour». Viennoise plutôt que lente. Mais c'est la plus dure de toutes. Parce qu'elle est rapide.
langueurs
Mireille d'acquiescer. Le professeur n'a rien du bourreau. Pour l'apprentissage, elle ôte de son registre le classique Strauss, bien trop subtil, nuancé pour les débutants. C'est vrai que, quelques jours à peine avant le grand soir, ces ados ne font pas encore preuve de légèreté, de souplesse, d'assurance. Le pas reste lourd, emprunté. Le regard trahit la crainte du pied de travers. D'une pointe douloureuse sur la phalange du partenaire. Les couples en perdent le rythme, un-deux-trois... Ne virevoltent pas. Mais s'entrechoquent. Crispés. Les plus raides abandonnent vite.
En revanche, la valse lente remporte davantage les faveurs.
Sophie est confiante. Pas de doute, samedi, son valseur de prédilection l'entraînera dans le plus fol tournoiement, dans le tourbillon. Mais il n'y a pas que la valse. Non, j'aime tout. Le jive par-dessus tout, même s'il n'a rien d'acrobatique. Et puis le cha-cha-cha. Et la salsa. Et le slow et ses langueurs sur lequel, sur lesquelles beaucoup clôtureraient volontiers le premier bal. Pour la grande aventure.
![]() |
- Quand le commerce mondial tue
- «Avatar» en deux dimensions
- Aux actes, citoyens
- La nouvelle donne
- «Le meilleur des mondes»





del.icio.us
Digg

Postez votre commentaire