BGL BNP Paribas: fusion et scission
L'objectif est double: faire de BGL BNP Paribas un acteur de référence au niveau local et international. / Marc Fassone
D'un point de vue formel, BGL BNP Paribas acquiert – pour un prix que les intéressés n'ont pas voulu dévoiler – BNP Paribas Luxembourg, dont l'activité «Fund services» est sortie du périmètre de cette acquisition et est fusionnée avec l'activité Fund services de la BGL. Ce qui donne naissance à BNP Paribas Securities Services (BP2S).
Ce seront désormais les deux implantations majeures du groupe au Grand–Duché. La première emploiera 2.850 personnes et l'autre 950, des personnels qui suivront le sort de leurs activités quant à leur nouvelle entreprise de rattachement.
La question de la gouvernance de cet ensemble – Eric Martin, ex-BNP Paribas Luxembourg, et Carlo Thill, ex-BGL, étant actuellement coprésidents du comité de direction de BGL BNP Paribas – sera tranchée ultérieurement.
Les autres entités du groupe BNP Paribas à Luxembourg (BNP Real Estate, Arval et Cardif Lux International, anciennement Investlife Luxembourg) ne sont pas concernées.
Pour BNP Paribas, selon Jean–Laurent Bonnaffé, directeur général du groupe et CEO de BNP Paribas Fortis, les objectifs donnés à ces nouvelles entités sont multiples.
D'abord, il s'agit de développer le Luxembourg et la Belgique en tant que marché domestique de groupe. C'est dans cet aspect que l'ex BGL sera la moins impactée.
Dans ce qui relève de la clientèle des particuliers, la BGL se servira de l'expertise groupe afin d'améliorer la gestion de la relation avec le client et étendre l'offre des produits.
Ce qui vaut également pour la Banque privée où le groupe, via sa division «Wealth management international», souhaite mieux couvrir le territoire via l'ouverture de six «Wealth management centers» et élargir ses offres commerciales, tant en assurance-vie qu'en ingénierie patrimoniale.
L'offre concernant les entreprises sera également étoffée. Par exemple, une équipe spécialisée «Moyennes entreprises» sera mise en place, avec des services dédiés au secteur public ainsi qu'à la promotion et aux développements immobiliers.
Rayonnement
En matière de «Corporate and investment banking», la fusion ouvre l'accès à l'ensemble des expertises du réseau international de BNP Paribas.
L'aspect Grande Région n'est pas oublié. BNP Paribas exploitera le potentiel de ses réseaux français, belge et allemand en intégrant l'offre transfrontalière dans celle de ses réseaux locaux.
Le rôle de coordination globale sera assuré à partir du Luxembourg. Mais aussi - et cela dépasse l'aspect simplement local - le groupe BNP Paribas veut se servir de son implantation sur la Place pour améliorer ses parts de marchés dans la gestion d'actif, la banque privée et dans les services aux fonds d'investissements. Et, ce faisant, acquérir des positions de leaders contribuant au rayonnement de la Place.
L'activité de services aux fonds d'investissements est ainsi séparée de BGL BNP Paribas et logée dans BP2S. Ce dernier deviendra un centre de compétences du métier titre pour le groupe dans trois domaines: l'administration de fonds, les services aux fonds d'investissements et les services aux émetteurs de dette internationale.
Un centre de formation «Administration de fonds» sera créé pour couvrir les besoins de formation de l'ensemble de l'activité «titres» du groupe.
Pour ce qui est de la banque privée, outre la volonté de devenir le leader local – il revendique déjà 27 milliards d'actifs sous gestion –, le groupe compte créer une plate-forme européenne de premier plan.
Quatre centres d'expertise mondiaux ou européens seront implantés. Et Jean–Laurent Bonnaffé de citer au niveau mondial l'offre globale de gestion sous mandat – l'offre pivot du métier – et le développement de l'outil central de gestion et de reporting client.
Au niveau européen, seront développés les offres d'ingénierie patrimoniale ainsi qu'un centre d'expertise en «family business». L'activité de leasing du groupe sera également localisée au Grand–Duché, qui accueillera la holding de tête pour ce métier, dans laquelle BGL BNP Paribas détiendra une participation de 33.3%, le reste étant contrôlé par le groupe.
Cette réorganisation remplit l'objectif – après celui de la stabilisation d'une banque systémique pour l'économie – posé par Luc Frieden au moment du sauvetage de la BGL: Contribuer au développement de celle–ci en cherchant le bon partenaire industriel pour en faire une banque importante au niveau national et international.
Cela semble donc sur de bons rails. Pour autant, le gouvernement, s'il réaffirme sa volonté de quitter le capital de BGL BNP Paribas dont il détient 34%, n'est pas pressé.
Si le gouvernement se veut un actionnaire actif, ce sera uniquement pour surveiller l'exécution des engagements pris par BNP Paribas en terme de soutien de l'économie, de maintien d'activité et d'emploi, rappelle Luc Frieden.
Sur le point précis de l'emploi, si aucune perte de poste n'est programmée, les salariés devront faire preuve de mobilité géographique et professionnelle, insiste Jean–Laurent Bonnaffé.
Sans préciser les contours de cette mobilité. Le groupe a prévu des structures d'accompagnement pour assister les collaborateurs pendant la phase de rapprochement ainsi qu'un important dispositif de formation – 40.000 jours sur trois ans. Coup d'envoi en début d'année.
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